Que faisons-nous ?

 

L’équipe locale de la CSF tient une permanence le 1er mercredi de 18 h à 20 h et le 3e samedi de 10 h à 12 h au 11, rue du Séminaire à Ostwald. Tél. 03 68 41 60 29.
Email: contact@ostwald-csf.org.

DES PERMANENCES : Le premier mercredi du mois de 18 h à 20 h et le troisième samedi du mois de 10h. Présence de Raphaël au Wihrel : lundi et jeudi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30/18 h et le vendredi de 14 h à 17 h 30/18 h.

L’ACCUEIL de personnes qui ont des problèmes budgétaires le mercredi de 16 h à 18 h au 11, rue du Séminaire. Tél. 03 88 23 43 60 ou par mail conso.csf67@orange

LE VIDE GRENIER au Wihrel en juin chaque année

LES SOIRÉES CONTES ET LÉGENDES en partenariat avec le Point d’Eau, superbes représentations en appartement ouverts à tous les Ostwaldois. L’occasion de soirées conviviales entre amis et voisins.

CAFÉ-JEUX POUR LES AÎNÉS (Kaffee Krenzel) au Point d’Eau de 14h à 17 h le dernier mercredi du mois. Au programme : jeux de cartes, scrabble, rencontres intergénérationnelles, café, gâteaux, etc.

LINFORMATIQUE ou échanges de compétences proposés dans les locaux de l’association les vendredis après-midi
L’ATELIER DES PARENTS, lieu d’échanges pour favoriser les relations parents enfants et aider les parents

LA DÉFENSE DES LOCATAIRES pour améliorer les rapports locataires – propriétaires, la prise en compte des besoins et des attentes des habitants, la représentation des locataires dans les conseils d’administration des organismes d’habitation (HLM – HM), la mise en place de plans de concertation locative.

LES BALADE ET VISITE GUIDÉE de sites remarquables d’Ostwald avec Francis Ernst, passionné de photos et de nature.

L’ATELIER DE RÉPARATION en partenariat avec le Repair Café

LES RENCONTRES « ATELIER DE PARENTS« 

Des rencontres/débats rassemblent des parents. Ainsi, entre autres, une conférence – débat organisée à la  » La Ruche », 1, rue du Général Leclerc à Ostwald, portait sur la question « L’autorité en question ». Isabelle Vaulot, psychologue scolaire, est intervenue.

Être parent aujourd’hui que d’histoires !

L’histoire de chacun se tricote avec l’histoire collective, l’individuel étant souvent le reflet du sociétal. Etre parent suppose l’arrivée d’un enfant : Françoise Dolto disait « lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille s’élargit » et l’adulte qui accueille cet enfant-là que ce soit par voie naturelle l’accouchement, par procréation médicalement assistée ou par l’adoption, devient parent. C’est bien l’enfant qui fait le parent, qui fonde la famille.

Etre parent ou plutôt le devenir, exercer ses responsabilités de parent et de ce fait exercer son autorité parentale ne va pas de soi, L’autorité fait peur, les parents comme vous craignez de l’exercer car on attache à cette notion celle de soumission voire de brimade… le devoir d’épanouissement fait autorité sur les parents et plus généralement sur les adultes et les éducateurs en charge des enfants.

La famille actuelle n’échappe pas au vent du changement

Il me paraît important de rappeler en guise d’introduction que :
Etre parent aujourd’hui est bien différent d’il y a 1 ou 2 générations. Nous naviguerons ce soir entre hier et aujourd’hui pour donner du sens à ce présent si riche et si dense et parfois difficile que vous vivez avec vos enfants et ainsi mieux préparer demain, je l’espère, entre l’histoire avec un grand H et les histoires personnelles, individuelles des sujets qui forment un groupe humain, la société.
Dans cette période de grands bouleversements que nous vivons, la famille actuelle n’échappe donc pas au vent du changement comme notre société qui a bien changé en quelques décennies. Elle est marquée par des modifications sensibles dans sa constitution :
–  la composition de la famille : moins de grandes familles, plutôt 1 ou 2 voire 3 enfants mais guère plus sauf pour certaines situations devenues  quasi exceptionnelles ou bien dans le cas de familles recomposées.

L’enfant au centre de la famille

–  la place de l’enfant au sein de sa famille s’est transformée, a beaucoup bougé car la notion de famille a subi des mutations au fil du temps. Ce qui modifie d’autant les relations entre les parents et les enfants. Nous le verrons en faisant un balayage à travers les siècles,
–   Néanmoins la famille reste l’élément de base de la plupart des sociétés humaines, primitives ou développées et constitue l’origine même de l’enfant, est à son origine : sa première fonction, en effet, est de maintenir une cohérence biologique entre la procréation, l’histoire généalogique et le processus éducatif. Mais comme le relèvent de nombreux sociologues, sans jugement, nous en sommes actuellement à une situation où c’est l’enfant qui fait la famille, qui la fonde. Françoise Dolto fut une des premières à mettre l’enfant au centre de la famille et non à la périphérie du couple.

I ) Un peu d’histoire : de la puissance paternelle à l’autorité parentale

–              les fratries ont baissé, le nombre d’enfants tournant autour de 2 enfants en moyenne par foyer. L’écart d’âge est le plus souvent faible, impliquant peu de différence de maturité entre les enfants :
–              Le foyer héberge essentiellement les parents et les enfants, constituant la famille nucléaire dont sont éloignés les grands-parents.
–              Le nombre croissant de séparations et de divorces
–          La reconstitution ou recomposition de la famille autour d’enfants de parents différents multiplie et diversifie les références et les autorités. Famille patchwork mais qui existait déjà au Moyen Age avec le décès des mamans dans la période néonatale et celui du père soit dans les multiples guerres qui ont secoué notre histoire soit dans des duels ou autres risques de chaque époque : attaques et conflits sur les chemins au cours desquels on en venait facilement à sortir une arme, les villes le soir étaient de véritables coupe-gorge.
– L’équilibre des influences paternelles et maternelles évolue en fonction de la promotion sociale et du travail des femmes et d’un investissement plus précoce de leur rôle et de leurs droits par les pères.

Le père : représentant de l’autorité de l’État
–               La place du père à travers l’histoire interroge et renvoie aux habitudes et à une certaine idée du pouvoir car le père est le représentant de l’autorité de l’État au sein de la famille. La paternité, en effet, n’est pas une évidence, elle s’affirme par la parole et se garantit par la loi. Ainsi la fonction paternelle précède l’enfant lui-même mais s’actualise avec l’arrivée du premier enfant.
–              L’autorité du père remonte loin en amont et il semble difficile de penser un quelconque ordre social sans faire référence à cette autorité.
–              A l’époque antique la puissance paternelle s’exerce de manière exacerbée car le père a droit de vie ou de mort sur ses enfants et sur sa femme. L’enfant à sa naissance est exposé s’il ne remplit pas certains critères : être un garçon, très robuste car résistant à certaines épreuves ….aussi si l’enfant est une fille, si on a une anomalie, voire un handicap peu de chances de vivre…
–              L’autorité du pater familias a pu être poussée à l’extrême même à une époque plus récente :  lisez ou relisez des romans comme « l’enfant » de Jules Vallès ou « Poil de Carotte » de Jules Renard ou bien encore les romans de Charles Dickens comme David Copperfield qui relatent des histoires d’enfants maltraités ce qui n’était pas du tout exceptionnel au 19ème siècle et même après bien sûr !

 La « puissance » paternelle

–              Jusqu’en 1970, en France, le code civil et le droit à la famille sont restés dominés par cette notion de puissance paternelle. Ce terme fut remplacé par celui d’autorité parentale seulement en 1970;
–              la loi du 4 mars 2002 est une étape importante pour que l’autorité soit partagée entre les deux parents :
–              elle donne la définition suivante de l’autorité parentale : « Elle est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux père et mère  jusqu’à la majorité de l’enfant ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa moralité, pour assurer son développement dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent selon son âge et son degré de maturité. »
–              Ce texte de loi plein de bon sens qui fait apparaître les mouvances sociétales  et qui tient compte des droits des enfants (cf Convention des Droits de l’Enfant) Parmi bien des questions figure celle-ci : associer l’enfant ? Oui, mais comment ?

Faire grandir

Le mot autorité vient du latin « auctoritas » qui veut dire « ajouter quelque chose, amener du nouveau, être auteur », c’est donc un rapport à la création et, donc, l’idée de faire grandir est bien présent dans l’origine du mot.
–              Le terme de parentalité a vu le jour il n’y a pas si longtemps et il désigne le processus d’être parent ; la création d’un nouveau mot révèle ainsi qu’être parent est loin d’être évident, que les questions sont à la mesure des difficultés de la vie, dans cette société en mutation où les places de chacun, ne sont pas immuables comme elles l’ont été durant les époques précédentes.
–              Culpabilité et inquiétude sont le lot quotidien de nombre de parents qui se demandent s’il est encore possible d’être un « bon parent » dans un contexte bien différent de leur propre enfance ou de celle de leurs parents.
–              En effet, la compétence parentale se développe au fil des jours mais n’est jamais acquise pour toujours, elle est en équilibre et il me semble important d’être conscient que cela est fragile et que parfois il est nécessaire d’être aidé en tant que parent (l’entraide entre les 2 parents et parfois une aide extérieure est nécessaire) la finalité étant bien entendu l’équilibre personnel de l’enfant, indissociable de celui du couple des parents. On peut dire que le lien conjugal soutient le lien parental et inversement.
–              Malgré les changements que nous avons relevés, les enfants ont des besoins identiques et leur développement se fait par étapes, par crises et ajustements successifs et constants.

II ) Après l’histoire collective voyons un peu à présent l’histoire de votre petit et comment la question de l’autorité s’inscrit d’emblée dans cette histoire.

Tout ne se joue pas avant 3 ans comme un certain auteur avait pu le dire il y a déjà longtemps. Mais beaucoup de choses se mettent en place et tout se joue et se rejoue au fil de l’histoire . Et on sait qu’à l’adolescence ce qui n’a pas été mis en place va revenir en force.
–              L’autorité s’inscrit dans une histoire et ne débute pas à 2/3 ans quand il s’agit de résister à son petit bout de chou qui est en pleine crise d’opposition !
–       Tout démarre dans l’ordre du désir car tout enfant est mis au monde précédé d’un bain de langage c’est à dire d’une histoire au sein de laquelle a commencé et s’est inscrite son existence, d’abord faite de paroles, celles qui ont précédé à la rencontre plus ou moins réussie de deux lignées aboutissant un jour à cette fécondation. Quand un homme et une femme se rencontrent et font un enfant, ils font de deux lignées une famille qui sera celle de cet enfant et à l’intérieur de laquelle il prendra sa place, une place précise par rapport aux autres. C’est un processus d’emboîtement des places qui vient en partie déterminer celle de chacun.

La préhistoire de l’enfant

–          La conception se situe dans cette préhistoire de l’enfant comme l’inscription, dans l’ordre du biologique, de la rencontre des désirs inconscients et conscients du père et de la mère. C’est cela la fécondité : que de deux désirs puisse naître un troisième désir de vie qui vienne s’incarner dans le corps d’un enfant.
–       La grossesse, l’accouchement, la naissance de l’enfant vont se mettre dans une histoire qui a déjà commencé bien avant et vont prendre un sens différent pour chacun ; une histoire singulière et unique à chaque fois !
La grossesse dans la vie d’une femme, d’un couple est un moment de richesse et d’une grande complexité ; c’est une période privilégiée qu’on a tendance à idéaliser (médias, environnement) ; c’est un moment à chaque fois unique très particulier où s’effectuent de nombreux bouleversements sur le plan physiologique, certes, mais aussi psychologique.

Bébé préparé dans le psychisme de ses parents

–          Le bébé représente la pérennité de la vie, en quelque sorte la chaîne continue de l’humanité au-delà du temps de vie imparti à chacun ; il est porteur d’attentes explicites et implicites des différents membres de la famille et particulièrement de ses parents : ce bébé qui naît a été préparé dans le psychisme de ses père et mère depuis leur plus jeune âge, il va condenser, porter dès sa conception, les différentes représentations conscientes et inconscientes qui ont jalonné leur évolution psychoaffective.
–       Cet enfant imaginaire que les parents projettent d’inscrire dans l’histoire familiale va devenir un bébé imaginé et même les techniques modernes  n’empêchent pas « la machine à fantasmer » de fonctionner.
–       A tous ces bébés rajoutons aussi le bébé culturel ! L’impact de la culture, des berceaux culturels ont une incidence certaine sur le lien d’attachement et la nature des interactions précoces.
–       Un beau jour ou plutôt par une nuit sans lune l’enfant paraît

La naissance: une étape

–       La naissance représente une étape, un choc parfois et implique des remaniements qui vont bouleverser les adultes, la mère mais aussi le père qui est de plus en plus présent et engagé dans ce processus de « devenir parent ».
–       Tout enfant à la naissance doit être adopté par ses parents, pourrait-on dire. La rencontre peut être immédiate, lente ou ratée. Il s ‘agit, pour que ce processus d’appropriation se déclenche, que les tensions dues au passage à la position de parent puissent se réduire ce qui n’est pas facile.
–       Bébé fantasmatique,  imaginaire et réel se superposent très longtemps et se retrouvent dans les attentes parentales !
–       L’enfant est là et c’est un moment de grande fragilité pour le couple mère /enfant, pour la dyade mère /enfant en particulier à  une époque où la constellation familiale est souvent éclatée et où, parfois la jeune maman se retrouve souvent seule, sans l’appui et le soutien de sa propre mère.
–       Car, on le sait, l’accouchement de la maman et la naissance de l’enfant ne sont pas que l’affaire du couple, c’est une affaire de famille, de la communauté humaine mais aussi de tradition.-       Le moment du retour à la maison et les jours qui suivront ne sont pas toujours tels qu’on les rêve et la jeune maman se sent souvent isolée avec un fort sentiment  d’incompétence vis à vis de son bébé.

Un héritage culturel

–       Il me semble qu’elle a alors besoin d’une  enveloppe culturelle et groupale. Les rites avaient aussi cette fonction d’être là au bon moment pour offrir un contenant, pour recevoir et transformer les  vécus bruts, les événements à fort potentiel traumatique ou les changements majeurs dans la vie du sujet.
–       Le groupe est amené à jouer ce rôle d’enveloppe qui accueille et contient comme l’héritage culturel donne à la jeune mère « un trousseau de naissance ». Elle va y puiser une layette façonnée et colorée par l’art du maternage de cette culture ou de cette famille-là. Le bébé reçoit donc un berceau culturel à la naissance ou devrait recevoir ce berceau culturel ; un lieu d’accueil parent-enfant peut remplir ce rôle…
–          Ce qui me semble aussi très important, en lien avec ce qui précède, c’est que l’amour maternel et paternel aussi, bien sûr, se construit ; il peut y avoir une rencontre immédiate avec son bébé mais  la plupart du temps, il faut du temps, de la patience.
–           En fait, l’instinct maternel n’existe pas ; je vous renvoie aux travaux d’Élisabeth Badinter à ce sujet qui replace dans l’histoire des femmes cette problématique d’instinct maternel qui se révèle étrangement évolutive (en effet une traversée rapide dans le temps nous montre que l’histoire des liens entre parents et enfants s’est profondément modifiée au travers de siècles ….). –       Au départ, si l’enfant reconnaît la voix de son père et l’odeur de sa maman, il est en capacité de s’attacher à la personne qui lui prodiguera des soins, qui s’occupera de lui.

Le bébé a besoin de mots

–       Le bébé est « équipé » pour la relation ; il est un partenaire actif de l’interaction avec ses parents et les personnes qui l’entourent. Ces interactions comportementales, affectives sont à la base du lien qui va se tisser entre eux ; le bébé a autant besoin de mots, de contact chaleureux et de nourritures affectives que de lait. Premiers mois, premiers émois ! pourrait-on dire.
–       Peu à peu, un lien d’attachement se construit entre ce bébé et sa maman (cas le plus classique et le plus répandu) ; c’est un lien affectif fort qui va naître et se nourrir des interactions entre cet enfant-là et ses parents.
–            L’attachement se fonde sur ces premiers liens dont l’importance est à présent reconnue. Les interactions s’accompagnent de mots et les parents introduisent ainsi peu à peu le monde extérieur à l’intérieur de « leur bulle d’amour » regarde qui vient là c’est mamie ! Oh écoute l’oiseau, regarde  le chat ! Etc. C’est ainsi que l’enfant reçoit le don du mot avant le don de l’objet (ex. l’enfant dans les bras de sa mère tend la main vers un objet, elle lui dit : «  tu veux ton doudou ?» (par exemple). Elle le sait très bien mais elle introduit de ce fait les mots, et fait ainsi circuler le regard du bébé de l’objet vers le regard maternel puis vers l’objet (le monde, l’autre) à nouveau. Cela sert à relier, grâce au fil des regards, le geste, le mot et l’objet dans un tout cohérent, avec une dimension de plaisir.

La confiance en l’adulte 

–          De ce partage émotionnel naît la confiance en l’adulte  qui apporte  une « augmentation relationnelle » dans sa réponse ; l’autorité prend  ses racines dans ces échanges chaleureux.
–          Les spécialistes de la petite enfance s’accordent à dire que les soins actuels proposés au nouveau-né, la satisfaction de ses besoins, l’attention constante dont il est l’objet tout cela favorise l’épanouissement du cher petit : l’enfant est comblé d’attentions, de bienveillance et en effet, grâce à ces bons soins, il peut faire l’expérience d’un monde gratifiant qui sait s’adapter à ses besoins et qui ne le confronte pas à des situations de manque incompréhensible. L’enfant tout petit a besoin d’avoir l’illusion de créer le monde à savoir le sein, le biberon ; ses parents sont dans une préoccupation parentale primaire (ou maternelle primaire).
–       Le bébé naît dans une illusion de toute-puissance, il faut dire qu’on satisfait le moindre de ses désirs, parfois on les devance mais assez rapidement il est confronté à la frustration et c’est normal on ne peut pas tout, tout de suite. Il me semble nécessaire que l’enfant le comprenne mais ça prend du temps pour faire la distinction entre la réalité et le rêve, entre le désir et le besoin.

Une certaine régularité dans sa vie

–       Cependant, il est nécessaire, quelques semaines plus tard, de mettre une limite à cette illusion de toute-puissance (vers la fin du premier semestre de vie) car l’enfant est en mesure de surseoir à son désir, de patienter par exemple pour avoir son repas, progressivement bien sûr ; ce sera facilité et se fera assez naturellement si une certaine régularité dans sa vie et dans le rythme d’alternance des moments de partage a pu et peut s’installer dans la vie de famille.
–       Le bébé a besoin de régularité, de permanence dans sa vie pour que s’intériorise l’idée que les choses existent même si on ne les voit plus et parmi ces « choses » il y a maman et papa ! C’est ainsi que se construisent la pensée et les représentations mentales au fondement de la sécurité affective et de sa capacité à accepter l’autorité d’abord de ses parents puis des autres adultes (crèche + école).
–       Les limites rassurent l’enfant, le structurent et le sécurisent, c’est pourquoi il les recherche. L’angoisse et l’insécurité viennent d’un manque de connaissances de ses propres limites et de son identité en pleine éclosion.
–       C’est le début de l’éducation car le mot éduquer vient du latin educere qui veut dire sortir, tirer hors de lui et cette éducation devrait commencer jeune et fait partie intégrale de la construction de l’enfant.

« Dire non »

–          Là je reprendrai à Daniel Marcelli son analyse de la phase exploratoire ce qui nous aidera à comprendre comment l’enfant peut intérioriser la Loi ; en fait ces débuts déterminent en partie son rapport à la Loi dans le monde familial puis social.

–          Poser l’interdit c’est-à-dire « dire non » se situe toujours dans la relation à l’autre ; ce 1er non protège et contient, un non qu’on peut dire éducatif et qui sera redoublé par ailleurs et ultérieurement par d’autres « non » plus symboliques  permettant ainsi que s’intériorise progressivement la limite à laquelle l’enfant doit être confronté pour se reconnaître comme sujet et pas seulement comme individu ; c’est-à-dire que le bébé va s’individuer de plus en plus, c’est une personne n’est-ce pas ?
Puis deviendra un sujet quand il aura acquis une certaine conscience de lui-même et de l’autre et cela se fait aussi progressivement en intériorisant des interdits et une limite structurante qui ait du sens pour lui.

En route vers l’autonomie

Il est bon que le petit enfant ait pu faire l’expérience de ces deux types de regard : celui qui autorise et celui qui limite, qui retient et contient car l’interdit situe toujours l’individu dans un lien, précisément dans un inter-dit. C’est bien le sens de l’autorité : autoriser avant d’interdire.
Quand il s’avance dans l’exploration du monde, le petit enfant est vulnérable. Il a besoin de s’appuyer sur son parent vers lequel il recherche  encouragement, réconfort mais qui va aussi lui baliser son chemin car le rôle du parent est de lui assurer protection et soutien dans sa découverte du monde.
« L’éducation n’est rien d’autre que la mise en mots et l’intériorisation de ce guide d’action ».
L’enfant va ainsi explorer son environnement, apprendre pas uniquement au sens intellectuel du mot mais aussi dans son sens affectif les deux étant intimement tricotés. Apprendre des savoirs mais aussi ce qui est possible et ce qui est dangereux.

L’âge des colères vers 2 ans

La perte progressive de cette toute-puissance est douloureuse pour le petit enfant qui fait peu à peu la connaissance de ce principe de réalité, il éprouve le fantasme de contrôle et cherche à retrouver le sentiment d’être tout-puissant : c’est l’âge du non, des colères vers 2 ans environ qui épuisent les adultes et qui se situent dans un face à face parfois éprouvant. C’est aussi la période où l’enfant va découvrir une autre zone érogène que la sphère orale à savoir la zone anale avec le début de l’apprentissage du contrôle sphinctérien plus communément appelé apprentissage de la propreté ce qui donne lieu à d’autres sources de tensions entre les parents et leurs enfants.

Le petit enfant  a alors besoin de sentir que ses parents « tiennent bon » et « tiennent parole » ce qui renforce sa sécurité affective et la confiance en soi. Pour avoir confiance en eux les enfants ont besoin d’avoir confiance en vous, parents !

Avoir confiance en soi

Avoir de l’autorité tout en se montrant bienveillant et aimant est un enjeu fort et là aussi il s’agit d’avoir suffisamment confiance en vous pour que l’enfant le sente, soit rassuré par votre parole contenante et ferme. L’obéissance prend sens avec l’émergence de ce vouloir autonome propre à cet âge-là

– Quelques mois plus tard l’enfant va vivre la période œdipienne.

Il serait un peu long de décrire tous les aspects de cette période mouvementée sur le plan psychique et pulsionnel pour l’enfant. C’est une période marquée par l’attirance pour le parent du sexe opposé ; l’enfant fait durant ce temps l’épreuve de la frustration et finit par renoncer à cette attirance pour le parent de sexe opposé et s’identifie au parent de même sexe et se reconnaît tout à fait comme étant un garçon ou une fille et surtout reconnaît l’autre comme différent de soi.

L’enfant teste la solidité du couple

Dans cette période œdipienne, l’enfant teste la solidité du couple parental et cherche à vérifie ce qui est permis ou interdit par l’un ou l’autre de ses parents ; il s’agit de tester, de vérifier la cohérence de son univers mais aussi d’approfondir le sens des différences entre adultes. Des divergences éducatives peuvent exister entre les parents si le fil rouge va dans la même direction, l’enfant teste et s’adapte . Cependant il est plus éducatif de ne pas disqualifier l’autre parent. En le faisant, on se disqualifie soi-même et c’est la base de l’autorité qui est attaquée.

Peu à peu les limites et les règles au détour de l’œdipe s’installent plus fermement, s’intériorisent. L’enfant en grandissant va faire d’autres rencontres et d’autres expériences, se faire plus d’amis. Tout en étant relié à ses parents, il va s’autoriser quelques libertés, qq désobéissances (cela s’intensifiera à l’adolescence).
L’éducation c’est d’obéir aux règles et interdits mais aussi de ne pas être désarçonné par des surprises.
Il est important de faire preuve de bon sens, de discernement et de pouvoir hiérarchiser les « bêtises », les désobéissances ou manquements divers. Et d’adapter la sanction en fonction de cette hiérarchisation.

La force de l’exemple

A l’adolescence les relations se tendent, le jeune a besoin de se dégager de ce qu’il ressent comme une emprise de la part de ses parents  ce qui donne lieu à des attitudes de révolte, de rébellion contre l’autorité que les parents représentent…

Dans tous les cas, pour grandir l’enfant a donc besoin de parents qui l’aiment, bien sûr, et qui lui servent de guide comme s’il était en terre étrangère, donc de la lui faire découvrir en lui montrant pas à pas le chemin dans les méandres de son développement. Et de l’initier peu à peu à la façon dont on y vit en lui donnant pour modèle la façon dont eux-mêmes se comportent car pour passer les étapes, la force de l’exemple est importante.
Et guider ainsi un enfant puis un adolescent cela s’appelle éduquer.

III ) Éducation, pouvoir et autorité

On a parfois l’impression et dans ma pratique je le constate au quotidien, que l’éducation vient comme « en plus » du développement de l’enfant vu uniquement sous l’angle de son épanouissement comme si on devait séparer les deux, avec le souci d’adaptation sociale alors qu’en fait elle est le vecteur de la construction de l’enfant, de sa « construction psychologique »

Éduquer un enfant, « l’humaniser » comme le disait Françoise Dolto, c’est l’aider à découvrir ce qu’il aime, ce qu’il est, développer ses potentialités et construire sa propre singularité ; c’est aussi parallèlement lui enseigner les règles de la vie humaine, les deux étant intriqués vous l’avez compris. Apprendre à son enfant les règles de vie familiale puis sociale passe par l’idée d’obéir.

Jadis l’éducation passait par la soumission

–              ne pas confondre obéissance et soumission : beaucoup de parents ont eux-mêmes souffert d’une éducation autoritaire qui les contraignait, les soumettait parfois de façon humiliante ; ils souhaitent proposer à leur enfant un tout autre modèle ce qui est tout à fait légitime d’autant que l’enfant est mis à une place centrale dans la famille. Cependant ce désir honorable contient les germes d’une autre dérive  car les enfants, de ce fait du moins certains et à un certain âge vers 3 ans font des colères, ne veulent ou ne peuvent obéir.

–              L’éducation est un paradoxe qui consiste à obtenir des enfants non pas qu’ils se soumettent mais qu’ils obéissent et  les laisser parvenir à ce moment particulier où ils vont désirer être les auteurs de leurs propres décisions. Jadis l’éducation passait par la soumission il convient d’en dénoncer les effets délétères, néfastes et de bien différencier obéissance et soumission.
–              L’obéissance est l’expression d’une reconnaissance d’autorité fondée sur la relation de confiance développée au cours des premières années.
–              La caractéristique de cette relation d’autorité est de tolérer l’acte de désobéissance

Faire preuve d’autorité   

Mais pourquoi est-ce si difficile  de faire preuve d’autorité, de dire « non » à son enfant et en même temps si important pour sa structuration psychique ? L’histoire de l’éducation est là encore source d’enseignement et nous montre qu’il y a eu des coups de balancier : d’abord dans le sens répressif car le père avait « droit de vie et de mort » sur ses enfants puis on est passé à une liberté sans frontière « il est interdit d’interdire » suite à mai 1968.
On assiste de nos jours à une recherche d’équilibre car les chercheurs et autres spécialistes de la petite enfance ont pu montrer l’importance de ces limites et de poser des interdits comme on a pu le dire auparavant.

«  T’es méchante maman »

Mais il y a un enjeu affectif : chaque adulte attend de son enfant une relation profonde, sans ambivalence ni ambiguïté, toujours confiante et pleine d’amour. Or frustrer un enfant, donc par exemple ne pas lui acheter l’objet de marque tant désiré, c’est prendre le risque de voir un froncement de sourcil, une moue de désapprobation ou un «  t’es méchante maman » et pour beaucoup de parents c’est insupportable.  Car, nous l’avons dit les temps ont changé : l’enfant est devenu un bien précieux, une « marchandise » rare car il y a moins d’enfants qu’autrefois où celui-ci représentait une force de travail potentielle.

Il  me semble que chaque parent doit prendre le risque d’un désamour temporaire de son enfant à travers lequel celui-ci fera l’expérience d’une limite mais il est douloureux de devoir accepter de ne pas être pour un instant  un « bon parent » aux yeux de l’enfant.

Une dérive dangereuse

Et certains parents sont même dans une relation de séduction ; je me réfère à nouveau à l’étymologie qui veut dire ramener à soi du latin se-ducere et c’est une dérive dangereuse pour la structuration de l’enfant car celui-ci est mis de façon inconsciente par le parent à une place d’objet chargé de réparer, ce qui peut dériver vers la « pédofolie » telle que l’a décrit Alex Raffy.
Dans cet ouvrage, il dénonce ces abus et l’inversion générationnelle ; il dit notamment que l’autonomie ne se constitue pas avec une télévision dans sa chambre ni en choisissant son menu mais en une intériorisation progressive du principe de réalité, des valeurs parentales et sociales.
Autrefois on utilisait la force pour exercer son pouvoir sur l’autre ; dans la relation  parent / enfant il était admis de battre, de frapper un enfant pour qu’il se soumette. Actuellement ce n’est pas la force qui est utilisée mais plutôt la séduction pour obtenir non pas l’obéissance mais la soumission ce qui est bien différent.

Besoin d’autorité

L’enfant a bien besoin d’une autorité qui le rassure, de ces limites qui le sécurisent (comme le bébé a besoin de sentir les limites matérielles de son berceau), d’un cadre éducatif stable et le plus cohérent possible pour se construire.

Il a besoin de quelqu’un à qui s’opposer quand il est en âge de le faire et qui lui résiste en affirmant calmement qu’il est le parent ; tout ça pour se constituer dans l’adversité une autonomie mentale à venir, peut-être un modèle idéal ?

Car, bien sûr, le rythme de vie imposé par les contraintes du travail crée des obstacles à la relation. L’éducation est affaire de patience et chacun a ses limites ; de plus la culpabilité des parents liée au fait qu’ils passent moins de temps avec leurs enfants avec la reprise du travail des mamans joue un rôle certain dans leurs décisions, par exemple quand il s’agit d’achats. C’est un exemple des conflits et des difficultés que vous pouvez rencontrer dans la relation, une histoire parmi beaucoup que vous vivez dans votre vie, votre quotidien.

En conclusion : La question de l’autorité et des relations enfants-parents nous renvoie au cœur de la complexité humaine. C’est une relation profondément asymétrique et non hiérarchique. Les relations humaines se structurent autour de deux asymétries différentes de nature : différence générationnelle enfant-adulte et différence de sexe homme-femme et il est important de pouvoir les prendre en compte, c’est structurant.
Dans ces deux asymétries la relation de pouvoir est venue occulter ce que la relation d’autorité a de spécifique. Le pouvoir se prend, l’autorité s’accorde, elle est affaire de reconnaissance réciproque entre celui qui sollicite et celui qui est sollicité.

L’obéissance élève, la soumission rabaisse

Néanmoins les enjeux affectifs, la place de cet enfant-là dans le narcissisme parental, l’histoire de chacun, l’enfant enfoui au fond de chaque parent, ces éléments tricotés de l’histoire collective et des mouvements de balancier qui la caractérisent font que cette question centrale dans le processus éducatif proprement évolutif dans le cheminement de l’enfant et de ses parents est toujours en questionnement et suscite réflexion et mise en sens.

Bibliographie:  Halmos C : l’autorité expliquée aux parents; Halmos C : Pourquoi l’amour ne suffit pas;  Marcelli D : Il est permis d’obéir; Marcelli D : l’enfant chef de la famille;  Raffy A : la pédopholie

 

 LE   1ER JUIN – VIDE-GRENIERS DU WIHREL

La Confédération Syndicale des Familles (CSF) organise son 3e vide grenier le dimanche 1er juin au
Wihrel, rue du Séminaire. Les exposants sont les habitants des quartiers Wihrel et Rivage.
Petite restauration sur place. Inscriptions au 06.02.25.80.92 ou ostwaldcsf@gmail.com

 

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